CRITIQUES LITTERAIRES
Posté le 19.07.2008 par blogart
Jean Teulé - Le Montespan
Julliard - 2008 – 333 pages
Truculent, c’est le mot. Après son chef d’œuvre « Je, François Villon » critiqué dans ce blog, Jean Teulé nous immerge dans un XVIIème siècle de la petite noblesse, trop peu décrite dans la littérature au profit de la cour et des rois de France.
L’histoire repose sur des faits réels mais romancés. Le roi Soleil avait pour habitude de choisir ses maitresses sans se soucier le moins du monde de leurs maris, qui, pour leur part y voyaient parfois un moyen pratique de gravir les échelons et d’être accueilli à la cour en échange de leurs femmes. Ils étaient cocus mais hébergés et bénéficiaires de privilèges inépuisables.
La raison de l’amour voulait que certains d’entre eux ne le supportent pas. C’est le cas du Marquis de Montespan, qui, toute sa vie se battra contre Louis XIV pour reconquérir sa femme.
L’auteur nous décrit avec humour et dérision la vie d’un homme brisé en lutte avec l’impossible, un Don Quichotte à la française qui refusera toutes les avances et privilèges proposés par le roi en échange de sa femme adorée.
Louis XIV l’exile dans sa propriété du sud de la France, sans succès; le Marquis reviendra à l’attaque tout sa vie durant, et fera savoir à toute la France sa mésaventure.
Ce roman picaresque est fait d’humour et d’histoire de France. Que du plaisir !
Du même auteur et critiqués dans ce blog : Je François Villon
http://blogart.centerblog.net/3215544-JE--FRANCOIS-VILLON
Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, de Gondrin et de Montespan
Pierre MOLINA
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Posté le 14.06.2008 par blogart
Bernard Vincent - Louis XVI
Folio biographies – 328 pages
Avant de critiquer cet ouvrage, faisons remarquer que la collection « Folio biographies » propose de mettre à la disposition du public de remarquables biographies synthétiques (300 à 320 pages environ) des grands personnages historiques. Dans ce blog nous critiquons déjà les essais : Le Caravage et Jules César. Devraient suivre les critiques des biographies de Shakespeare, Michel-Ange (parus dans cette collection) et bien d’autres encore nous l’espérons.
Mais revenons à l’essai qui nous intéresse dans cet article à savoir la vie de Louis XVI. L’esprit de synthèse (allant de paire avec cette collection Folio) est une réussite. En un peu plus de 300 pages, Bernard Vincent nous fait revivre la vie de ce roi souvent connu à travers des images d’Epinal erronées (Petit et bedonnant, loin du peuple…). L’auteur s’efforce de redonner la véritable personnalité de Louis XVI et fait apparaitre un personnage attachant et soucieux du bonheur du peuple français.
Evidemment la conjoncture historique est des plus difficile, le financement ruineux de la guerre en Amérique, le déficit chronique de l’Etat français et l’atmosphère insurrectionnelle permanente qui aboutira à la chute de la monarchie, rend cette période historique ingérable pour ce roi qui n’était pas fait pour le devenir.
A la lecture de cet essai, on peut d’ailleurs se demander si un roi quelconque aurait pu gérer correctement la situation, on peut en douter. Le peuple n’avait rien contre Louis XVI, les intellectuels voulaient en finir avec la monarchie.
Bernard Vincent nous montre à quel point nous sommes passés près d’une monarchie constitutionnelle, l’histoire en a voulu autrement et l’auteur se plait à nous le démonter avec beaucoup de talent.
Cette biographie est simple et passionnante, on se cultive à chaque page et chaque page nous donne envie d’approfondir le sujet. Cela tombe bien puisque l’auteur nous propose de nombreuses références bibliographiques qui viennent compléter son ouvrage.
Un livre à recommander pour les débutants et les initiés qui trouveront toujours agréable de lire une remarquable synthèse de cette triste mais passionnante période de notre histoire.
Serment du jeu de paume
Dans la même collection et critiqués dans ce blog :
Le Caravage :
http://blogart.centerblog.net/4874728-LE-CARAVAGE
Jules César :
http://blogart.centerblog.net/3099954-JULES-CESAR
Pierre MOLINA
Posté le 10.05.2008 par blogart
Gérard-Julien Salvy - Le Caravage
Folio biographies – 302 pages
Avec une tendance à s’écarter du, il est vrai, difficile exercice de vulgarisation, Gérard-Julien Salvy nous retrace la vie et l’œuvre du peintre génial appelé « Le Caravage ».
Disons-le pourtant, cette biographie est hélas parfois complétée, pour ma part, par de trop longs passages « d’expert » qui retracent le devenir de certaines œuvres de leurs origines à nos jours. Ces larges passages nous éloignent parfois de l’essentiel.
Mais bon ! Si on s’accroche, on ne le regrette pas, au terme de cette lecture on s’estime réellement enrichi de connaissances sur ce peintre pour le moins original.
L’auteur retrace la vie passionnante de Michelangelo Merisi (1571-1610) et met fin aux nombreuses et fausses anecdotes qui ont fait de cet artiste un voyou assassin à la vie dépravée.
G-J Salvy nous fait voyager entre Rome et Naples à l’époque de la renaissance Italienne. Il nous montre un Caravage passionné par son art et son siècle, et souligne l’originalité de l’approche artistique de l’artiste qui révolutionna la peinture de son époque, non seulement par son style (jeu des ombres et des lumières) mais aussi par son approche symbolique en mettant en scène de personnages laïques sur des thèmes religieux.
Cette courageuse approche dans un siècle ou l’inquisition fait rage fera du Caravage une légende que l’auteur nous retrace ici.
Soulignons que cette biographie est l’une des rares sur ce peintre. On a beau chercher, en français et abordable pour un simple amateur, rares (pour ne pas dire inexistants) sont les ouvrages sur la vie et l’œuvre du Caravage.
Aux lecteurs de cet article, si vous connaissez des ouvrages en français sur ce peintre, je suis preneur.
À noter toutefois le remarquable roman de Dominique Fernandez « La course à l’abîme » qui retrace la vie et l’œuvre du peintre.
Pour les novices, nous conseillons de commencer par ce roman avant de se lancer dans la lecture de la biographie critiquée ici. En effet, une bonne connaissance (romanesque il est vrai) de la vie du Caravage peut aider à apprécier ce livre encore une fois parfois un peu ardu.
A chacun son approche !
Le Caravage
Pierre MOLINA
Posté le 04.05.2008 par blogart
Jean Diwo - La fontainière du Roy – Les ombrelles de Versailles
J’AI LU – Tome 1 : 408 pages - Tome 2 : 446 pages
Remarquable et romantique à souhait, ce roman de Jean Diwo nous emmène « au temps de Versailles » et retrace la vie de la cour de Louis XIV depuis les débuts de la construction du château jusqu’à la mort du roi.
A travers la vie d’une jeune fille, Clémence, fille de François de Francine, artiste à l’origine des fabuleuses fontaines de Versailles, Jean Diwo nous fait revivre les mœurs de l’époque et les préoccupations d’une cour totalement déconnectée du peuple.
Le roi est entouré d’une société frivole mais aussi d’hommes et de femmes intellectuels qui marqueront de leurs noms l’histoire de France (Jean Racine, Jean de La Fontaine, Boileau, Le Nôtre, Molière, mais aussi Lully ou Corelli de passage et venu d’Italie).
Les guerres permanentes sont présentes en arrière plan, la construction de la France est en cours.
La recette Diwo marche encore une foi. Comme dans ses grands romans (notamment « Les Dames du Faubourg »), l’auteur s’amuse à faire dialoguer les intellectuels de l’époque. C’est un cours d’histoire merveilleux que nous donne Jean Diwo, d’histoire de l’art, d’histoire de la littérature, de l’architecture que sais-je encore. Plongés dans ce roman nous intégrons la chronologie des évènements, les correspondances historiques entre les personnages (Racine, Molière, Corelli, Boileau, La Fontaine et bien d’autres encore étaient tous contemporains).
Durant un peu plus de 850 pages, Jean Diwo nous divertit et nous instruit, alors que demande le peuple !
De cet auteur je recommande aussi :
« Les Dames du Faubourg », 3 tomes, Folio n°1834, 2062, 2280.
« Les violons du roi », Denoël, 1990 ; Folio n°2374, Gallimard.
« Au temps ou la Joconde parlait », Flammarion, 1992 ; J’ai lu n°3443.
« Journaliste, grand reporter à Paris Match, fondateur et directeur de Télé 7 jours, Jean Diwo a abandonné la presse pour la littérature. Auteur de nombreux best-sellers dont « Les Dames du faubourg », « Les Violons du Roi », « Au temps où la Joconde parlait », « Les Dîners de Calpurnia », ou le dernier en date « Moi, Milanollo fils de Stradivarius » critiqué dans ce blog
http://blogart.centerblog.net/3280715-MOI--MILANOLLO-FILS-DE-STRADIVARIUS.
Jean Diwo s'est affirmé comme un maître incontesté du roman historique. » (Evene.fr)
Pierre MOLINA
Posté le 23.03.2008 par blogart
Jean-Pierre LUMINET – La discorde céleste - Kepler et le trésor de Tycho Brahé
Les bâtisseurs du ciel, vol II.
LC Lattès - 501pages
Février 2008
Dans la série « Les bâtisseurs du ciel » commencée en 2006 par Jean Pierre Luminet avec son roman « Le secret de Copernic » déjà critiqué dans ce blog, l’auteur nous emmène dans son second volume sur les traces de deux astrophysiciens de génie, Tycho Brahé et Johann Kepler.
Kepler est assez bien connu, tout du moins de nom, mais il est souvent plus rare de connaitre précisément sa contribution à l’histoire des sciences sans faire pour autant de confusion avec Galilée.
La série « les bâtisseurs du ciel » et ce roman en particulier (parfaitement documenté à partir des nombreux écrits laissés sur les deux protagonistes), a pour ambition de mettre un peu d’ordre dans la culture du commun des mortels (dont fait partie votre serviteur) et de nous permettre de retenir la chronologie de ces bâtisseurs (Copernic, Brahé, Kepler, Galilée et Newton pour les « principaux ») et leurs rôles dans la compréhension de l’Univers (Systèmes : ptoléméen, copernicien ou héliocentrisme, Système de Tycho Brahé).
Jean-Pierre Luminet, romancier mais aussi astrophysicien, de par son style toujours remarquable, approche la science avec simplicité et fait apparaitre clairement des concepts complexes. Mais là n’est pas la seule qualité de ce roman. L’auteur nous fait comprendre dans « La discorde céleste » comme dans le premier volume « Le secret de Copernic » l’ampleur des bouleversements qu’annonçaient ces découvertes scientifiques, non seulement l’héliocentrisme mais aussi les notions d’infini, d’autres mondes lointains possibles, concepts que Giordano Bruno (Copernicien convaincu) paiera de sa vie sur le bucher de l’inquisition en 1600 au terme de huit années de procès.
C’est donc non seulement le génie de ces hommes que relate l’auteur mais aussi leur courage dicté par leur passion.
C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Luminet raconte les vies tumultueuses de Tycho Brahé prince richissime Danois au caractère explosif, qui mit en place une carte du ciel extrêmement riche à l’aide des instruments de mesures les plus précis du moment et dont il fut l’architecte, et de Johann Kepler né dans une misérable auberge en Forêt-Noir en 1571, génial mathématicien qui grâce à sa rencontre avec Tycho Brahé fera avancer la science en décrivant le mouvement des astres à partir des milliers de données collecté par Brahé.
Ce dernier est un collectionneur d’étoiles et de planètes unique dans l’histoire, Kepler l’interprète génial de leurs mouvements.
A l’issu de ce roman une seule obsession demeure, quelle sera alors la future contribution de Galilée dans cette aventure prodigieuse de la science.
Monsieur Luminet nous propose de le découvrir très bientôt nous l’espérons dans son troisième volume « L’œil de Galilée ».
Critique : Le secret de Copernic :
http://blogart.centerblog.net/3222260-LE-SECRET-DE-COPERNIC
Pierre MOLINA
Posté le 11.02.2008 par blogart
Muriel Barbery - L’Elégance du hérisson
Gallimard - Collection blanche : 368 pages
Prix des libraires – Août 2006
Dans un immeuble bourgeois situé au 7 rue de Grenelle à Paris, vivent deux êtres insolites, une concierge Madame Michel et une ado Paloma en mal d’adolescence.
Ce livre est, pour ma part, plus proche d’un conte que d’un roman. La structure originale du récit relatant de façon intermittente la vie de Madame Michel puis celle de Paloma coupe toute monotonie à l’histoire.
Le merveilleux style de Barbery rend ce roman agréable à lire de bout en bout. Les longues réflexions menées par les deux protagonistes amènent de l’humour tout au long du roman et soulignent l’originalité des deux personnages.
Après la lecture de ce livre peut être que ma concierge cache bien son jeu. Le weekend, pour se détendre elle lit Kant. Allez savoir !
Un livre à recommander.
Présentation de l'éditeur :
« Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »
Posté le 26.01.2008 par blogart
Daniel Pennac - Chagrin d’école.
Gallimard – collection : blanche
305 pages – Prix Renaudot 2007
Daniel Pennac nous offre un livre que bien des « experts » de l’éducation nationale feraient mieux de lire attentivement, voir d’apprendre pas cœur (d’ailleurs, pour un grand nombre c’est probablement fait, du moins je l’espère !).
A en croire Monsieur Pennac, lui-même professeur de lettres et « ancien » cancre, l’apprentissage des enfants en difficulté ne passe pas par des méthodes ministérielles théoriques abstraites et inopérantes, mais plutôt par des méthodes de bon sens, par l’intérêt que portent leurs professeurs à leur métier, par la proximité entre l’élève et son professeur, enfin par l’amour, oui tout simplement l’amour que l’enseignant est capable de donner à ces enfants à la dérive.
Daniel Pennac, met en évidence l’extrême difficulté d’enseigner aujourd’hui (et hier), le talent et l’implication que cela demande, l’énergie intellectuelle (et souvent physique) que requière cette profession. Mais attention, la lecture de cet ouvrage peut donner la vocation.
Alors, que penser de ce livre ? Certains diront que Pennac est parfois suffisant, et semble avoir trouvé la solution universelle, la seule qui vaille. Il n’en reste pas moins que sa démonstration demeure brillante, Pennac est convainquant, il expose des grands principes que bien des enseignants feraient mieux d’appliquer.
Il apparaît évident que l’expérience de cancre de l’auteur lui permet de faire preuve d’une forme « d’anthropomorphisme » en se projetant dans la psychologie de ces enfants parfois aux prises avec des souffrances humaines insoupçonnées. Pennac possède alors une capacité de compréhension que beaucoup d’enseignants ne peuvent pas détenir par manque de vécu (les professeurs ont pour beaucoup été de bons élèves).
Dans ce livre, l’auteur s’attache à un style simple et démonstratif, toujours agréable à lire. Mais pourquoi le prix Renaudot, cet ouvrage est avant tout un récit et non un roman, un prix de l’éduction nationale aurait été plus approprié.
Un livre que je recommande notamment aux cancres, mais là il y a un problème, les cancres n’aiment pas lire (en général)…Comment faire Monsieur Pennac, avez-vous là aussi la solution ?
Présentation de l'éditeur :
« Chagrin d'école », dans la lignée de « Comme un roman », aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur. Le livre mêle les souvenirs autobiographiques et les réflexions sur la pédagogie, sur les dysfonctionnements de l'institution scolaire, sur le rôle des parents et de la famille, sur le jeunisme dévastateur, sur le rôle de la télévision et des modes de communication modernes, sur la soif de savoir et d'apprendre qui, contrairement aux idées reçues, anime les jeunes d'aujourd'hui comme ceux d'hier.
Pour la petite histoire :
Comme il arrive parfois, l'élève Pennacchioni a été “sauvé” de sa “cancrerie” en troisième, par un professeur de français. Celui-ci lui a demandé non une dissertation, mais un roman, que le jeune Daniel livrait, chapitre par chapitre.
Interview de l’auteur :
http://www.gallimard.fr/pennac-chagrindecole/
Et vous, qu’en pensez-vous ? Votre avis nous intéresse.
Selon leurs pertinences, vos commentaires sont susceptibles d’être publiés à la suite de cet article (nous nous réservons le droit de les publier ou pas).
Pierre MOLINA
Posté le 11.01.2008 par blogart
Sophie Chauveau - L’obsession Vinci.
Télémaque – 433 pages - 2007
L’obsession Vinci porte bien son nom car depuis la lecture de ce roman, je l’ai, l’obsession Vinci. Je cherche d’autres ouvrages à lire sur ce génie, je retourne au Louvres pour redécouvrir Monalisa, je surfe sur le web pour rechercher ses œuvres, enfin bref, il m’obsède.
Le phénomène était apparu pour Lippi, mais là, j’étais plutôt passionné, rien à voir avec l’obsession. Pour Botticelli, effectivement ça a marché, les rêves sont apparus.
Vous l’avez compris, cette trilogie «Le siècle de Florence» est une réussite incontestable.
Pour ma part, le troisième volume («L’obsession Vinci ») est le meilleur d’entre eux. Quoique, « Le rêve Botticelli » était bien aussi, et Lippi m’a vraiment plu. Alors, pour faire un peu d’humour, on dira plutôt que ce dernier volume est l’un des trois meilleurs. Il est d’autant plus appréciable que les deux premiers volumes (remarquables au demeurant) ont été lus. Un conseil donc, lisez les tous, chronologiquement de Lippi à Vinci en passant par Botticelli !
Mais revenons à Léonard. Ce troisième volet nous le fait découvrir. Son art, son génie (ça on connaît un peu) mais surtout sa personnalité, ses mœurs, ses relations détestables avec son père et Michel Ange, sa manie de ne rien terminer (même pas la Joconde…).
On ne découvre pas Léonard comme un génie sévère, ami des rois italiens et de François 1ier, mais un personnage totalement fantasque, inventif, imaginatif et ingénieux et surtout joyeux, sensible, artiste à l’extrême.
Sophie Chauveau ne s’arrête pas au peintre, son roman est d’abord un hommage à l’homme qu’il fut de l’enfance à sa mort, indispensable à l’humanité.
L’auteur nous dévoile une œuvre captivante par ses multiples aspects (peinture, sculpture, architecture, mise en scène, musique, fabrication d’armes de guerre, génie civil…), mais aussi une personnalité attachante, obsédante…
Madame Chauveau, même si vous ne l’aimez pas trop, à quand une « passion Michel Ange », un « Rêve Raphaël » ou même un « obsédant Caravage » ! Pourquoi pas, j’en rêve, c’est une passion obsédante.
L’Histoire :
Florence 1476
Leonardo di ser Piero da Vinci, 24 ans, sort littéralement brisé d'un affrontement sanglant avec son père. En quelques semaines, il se reconstruit et se choisit un destin inouï, unique qui marquera la Renaissance et l'histoire de l'humanisme.
Mais qui est véritablement Léonard de Vinci ?
On connaît l'inventeur virtuose, le scientifique précurseur, fasciné par les mécanismes du corps humain ou les tourbillons de l'eau, le peintre et le sculpteur de génie... mais l'homme, son intimité, les ressorts de son inépuisable créativité ?
Des bas-fonds de Florence à la forteresse de Ludovic Le More à Milan, des campagnes guerrières de César Borgia à la cour de François Ier, jeune roi passionné qui le choisit pour père d'adoption, Léonard dissimule.
Quelle obsession profonde le pousse à séduire tous ceux qui l'approchent ?
Pourquoi cette frénésie de tout connaître, tout explorer, tout essayer, pour toujours tout abandonner, sauf ceux qu'il aime ?
Sa ville, Florence, le boude. Rome le rejette, mais fait un triomphe à Raphaël. Venise se méfie de lui... Pourquoi ? Quelles sont ses relations avec ses pairs et surtout son alter ego Botticelli, le maître de la mélancolie ?
Pierre MOLINA
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Posté le 05.01.2008 par blogart
Philip Roth - Un homme
Gallimard - 160 pages - 2007
Pour son vingt-septième roman, Philip Roth aborde un thème on ne peut plus difficile à traiter de manière originale, la vie banale d’un homme « banal ».
La qualité exceptionnelle de ce roman ne tient donc pas de son histoire mais de la force du style de Philip Roth.
Un homme au terme de sa vie, analyse avec une prodigieuse lucidité la précarité de son existence (de notre existence).
Cette précarité, soulignée par la maladie, ses souffrances physiques et psychiques, celles de ses amis, des membres de sa famille qui vieillissent eux aussi, nous est relatée dans un style totalement épuré, bouleversant de simplicité et de vérité.
Avant de mourir, il se retourne et fait le bilan. Comme nous tous, il aurait aimé être ce qu’il n’a pas été, il a fait des erreurs et ne peut les réparer, jugé pas ses premiers enfants et adoré par la dernière, la vie est ainsi faite et c’est comme ça, on y peut rien…
Ce roman n’est pas amer ni haineux ou plein de regrets (cette approche aurait été trop simpliste pour Philip Roth), il est tous simplement fort, sincère et émouvant.
A lire dans la force de l’âge, pessimistes s’abstenir, je plaisante mais qu’en même…
L’histoire :
Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première et terrible confrontation avec la mort sur les plages idylliques de son enfance jusque dans son vieil âge, quand le déchire la vision de la déchéance de ses contemporains et que ses propres maux physiques l'accablent. Entre-temps, publicitaire à succès dans une agence à New York, il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles. D'un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d'un second, une fille qui l'adore. Il est le frère bien-aimé d'un homme sympathique, dont la santé vigoureuse lui inspire amertume et envie, et l'ex-mari de trois femmes, très différentes, qu'il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte, c'est un homme qui est devenu ce qu'il ne voulait pas être.
Pierre MOLINA
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Posté le 23.12.2007 par blogart
Ross King - Michel-Ange et la chapelle du pape.
L’Archipel – 327 pages - 2002
Etant donné l’existence d’autres ouvrages, pour ma part plus complets, fallait-il attribuer au roman de Ross King un ou deux soleils (Trois soleils devant resté exceptionnel) ? Mon jugement s’est arrêté sur un seul. Il fallait faire un arbitrage et hiérarchiser mes préférences entre ce très plaisant roman et les remarquables livres de Jean Diwo et Irving Stone, traitant du même sujet (ou presque : La vie de Michel-Ange) dont vous trouverez les références à la fin de cette article.
Ross King nous raconte une brève (mais très importante) période de la vie trépidante de Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti 1475 -1564).
Ces quatre années (1508 -1512) vont marquer un tournant dans l’histoire artistique de l’humanité. Le pape Jules II commande à l’artiste la décoration de la voûte de la Chapelle Sixtine.
C’est la naissance du maniérisme, courant artistique qui marquera la renaissance.
Ce roman nous décrit les difficultés techniques que rencontre l’artiste pour réaliser ce chef d’œuvre, techniques complexes de la fresque : « a secco », « buon fresco »…
Parfaitement documenté ce livre est donc essentiellement tourné vers la description des procédés picturaux employés pour réaliser la voûte de la chapelle.
Malgré cela, Ross King conserve un style romanesque et évite de tomber dans un descriptif rébarbatif réservé à des initiés.
Parallèlement au chantier artistique de Michel-Ange, l’auteur nous relate le contexte historique, les fréquentes guerres entre Jules II et Louis XII, les confrontations (souvent financières) entre le pape et l’artiste (Jules II et Michel-Ange ayant tous deux de fortes personnalités…), les rivalités parfois très vives entre les artistes de cette époque (Bramante, Vinci, Raphaël…).
Ce roman permet d’appréhender l’inimaginable performance humaine que représente la réalisation des fresques de la voûte de la chapelle Sixtine (le jugement dernier sera réalisé bien plus tard à la demande de Léon X en 1537).
Au-delà de la qualité de ce livre, il apparait judicieux, pour ceux qui connaissent encore mal la vie et l’œuvre de l’artiste, de commencer par deux ouvrages incontournables sur la vie et l’œuvre de Michel-Ange :
« La vie ardente de Michel-Ange » – Irving STONE – Plon, 1960.
« Au temps où la Joconde parlait » - Jean DIWO – J’ai lu 3443, 1992.
Le premier ouvrage relate la vie de Michel-Ange alors que le second retrace la période de la renaissance Italienne, Michel-Ange en étant l’un des principaux protagonistes.
En outre, les lecteurs qui ont déjà lu ces deux livres pourront alors profiter du roman de Ross King pour approfondir leur connaissance sur Michel-Ange.
Un roman qui donne envie de retourner à Rome !
Pour une visite de la Chapelle Sixtine nous vous recommandons l’adresse suivante :
http://mv.vatican.va/5_FR/pages/CSN/CSN_Main.html
Pierre MOLINA