Daniel Pennac - Chagrin d’école.
Gallimard – collection : blanche
305 pages – Prix Renaudot 2007
Daniel Pennac nous offre un livre que bien des « experts » de l’éducation nationale feraient mieux de lire attentivement, voir d’apprendre pas cœur (d’ailleurs, pour un grand nombre c’est probablement fait, du moins je l’espère !).
A en croire Monsieur Pennac, lui-même professeur de lettres et « ancien » cancre, l’apprentissage des enfants en difficulté ne passe pas par des méthodes ministérielles théoriques abstraites et inopérantes, mais plutôt par des méthodes de bon sens, par l’intérêt que portent leurs professeurs à leur métier, par la proximité entre l’élève et son professeur, enfin par l’amour, oui tout simplement l’amour que l’enseignant est capable de donner à ces enfants à la dérive.
Daniel Pennac, met en évidence l’extrême difficulté d’enseigner aujourd’hui (et hier), le talent et l’implication que cela demande, l’énergie intellectuelle (et souvent physique) que requière cette profession. Mais attention, la lecture de cet ouvrage peut donner la vocation.
Alors, que penser de ce livre ? Certains diront que Pennac est parfois suffisant, et semble avoir trouvé la solution universelle, la seule qui vaille. Il n’en reste pas moins que sa démonstration demeure brillante, Pennac est convainquant, il expose des grands principes que bien des enseignants feraient mieux d’appliquer.
Il apparaît évident que l’expérience de cancre de l’auteur lui permet de faire preuve d’une forme « d’anthropomorphisme » en se projetant dans la psychologie de ces enfants parfois aux prises avec des souffrances humaines insoupçonnées. Pennac possède alors une capacité de compréhension que beaucoup d’enseignants ne peuvent pas détenir par manque de vécu (les professeurs ont pour beaucoup été de bons élèves).
Dans ce livre, l’auteur s’attache à un style simple et démonstratif, toujours agréable à lire. Mais pourquoi le prix Renaudot, cet ouvrage est avant tout un récit et non un roman, un prix de l’éduction nationale aurait été plus approprié.
Un livre que je recommande notamment aux cancres, mais là il y a un problème, les cancres n’aiment pas lire (en général)…Comment faire Monsieur Pennac, avez-vous là aussi la solution ?
Présentation de l'éditeur :
« Chagrin d'école », dans la lignée de « Comme un roman », aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur. Le livre mêle les souvenirs autobiographiques et les réflexions sur la pédagogie, sur les dysfonctionnements de l'institution scolaire, sur le rôle des parents et de la famille, sur le jeunisme dévastateur, sur le rôle de la télévision et des modes de communication modernes, sur la soif de savoir et d'apprendre qui, contrairement aux idées reçues, anime les jeunes d'aujourd'hui comme ceux d'hier.
Pour la petite histoire :
Comme il arrive parfois, l'élève Pennacchioni a été “sauvé” de sa “cancrerie” en troisième, par un professeur de français. Celui-ci lui a demandé non une dissertation, mais un roman, que le jeune Daniel livrait, chapitre par chapitre.
Interview de l’auteur :
http://www.gallimard.fr/pennac-chagrindecole/
Et vous, qu’en pensez-vous ? Votre avis nous intéresse.
Selon leurs pertinences, vos commentaires sont susceptibles d’être publiés à la suite de cet article (nous nous réservons le droit de les publier ou pas).
Pierre MOLINA