Nom du blog :
blogart Description du blog :
BLOGART est un blog qui traite de l’actualité culturelle.
Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
02.09.2007 Dernière mise à jour :
10.05.2008
Gérard-Julien Salvy - Le Caravage
Folio biographies – 302 pages
Avec une tendance à s’écarter du, il est vrai, difficile exercice de vulgarisation, Gérard-Julien Salvy nous retrace la vie et l’œuvre du peintre génial appelé « Le Caravage ».
Disons-le pourtant, cette biographie est hélas parfois complétée, pour ma part, par de trop longs passages « d’expert » qui retracent le devenir de certaines œuvres de leurs origines à nos jours. Ces larges passages nous éloignent parfois de l’essentiel.
Mais bon ! Si on s’accroche, on ne le regrette pas, au terme de cette lecture on s’estime réellement enrichi de connaissances sur ce peintre pour le moins original.
L’auteur retrace la vie passionnante de Michelangelo Merisi (1571-1610) et met fin aux nombreuses et fausses anecdotes qui ont fait de cet artiste un voyou assassin à la vie dépravée.
G-J Salvy nous fait voyager entre Rome et Naples à l’époque de la renaissance Italienne. Il nous montre un Caravage passionné par son art et son siècle, et souligne l’originalité de l’approche artistique de l’artiste qui révolutionna la peinture de son époque, non seulement par son style (jeu des ombres et des lumières) mais aussi par son approche symbolique en mettant en scène de personnages laïques sur des thèmes religieux.
Cette courageuse approche dans un siècle ou l’inquisition fait rage fera du Caravage une légende que l’auteur nous retrace ici.
Soulignons que cette biographie est l’une des rares sur ce peintre. On a beau chercher, en français et abordable pour un simple amateur, rares (pour ne pas dire inexistants) sont les ouvrages sur la vie et l’œuvre du Caravage.
Aux lecteurs de cet article, si vous connaissez des ouvrages en français sur ce peintre, je suis preneur.
À noter toutefois le remarquable roman de Dominique Fernandez « La course à l’abîme » qui retrace la vie et l’œuvre du peintre.
Pour les novices, nous conseillons de commencer par ce roman avant de se lancer dans la lecture de la biographie critiquée ici. En effet, une bonne connaissance (romanesque il est vrai) de la vie du Caravage peut aider à apprécier ce livre encore une fois parfois un peu ardu.
Jean Diwo - La fontainière du Roy – Les ombrelles de Versailles
J’AI LU – Tome 1 : 408 pages - Tome 2 : 446 pages
Remarquable et romantique à souhait, ce roman de Jean Diwo nous emmène « au temps de Versailles » et retrace la vie de la cour de Louis XIV depuis les débuts de la construction du château jusqu’à la mort du roi.
A travers la vie d’une jeune fille, Clémence, fille de François de Francine, artiste à l’origine des fabuleuses fontaines de Versailles, Jean Diwo nous fait revivre les mœurs de l’époque et les préoccupations d’une cour totalement déconnectée du peuple.
Le roi est entouré d’une société frivole mais aussi d’hommes et de femmes intellectuels qui marqueront de leurs noms l’histoire de France (Jean Racine, Jean de La Fontaine, Boileau, Le Nôtre, Molière, mais aussi Lully ou Corelli de passage et venu d’Italie).
Les guerres permanentes sont présentes en arrière plan, la construction de la France est en cours.
La recette Diwo marche encore une foi. Comme dans ses grands romans (notamment « Les Dames du Faubourg »), l’auteur s’amuse à faire dialoguer les intellectuels de l’époque. C’est un cours d’histoire merveilleux que nous donne Jean Diwo, d’histoire de l’art, d’histoire de la littérature, de l’architecture que sais-je encore. Plongés dans ce roman nous intégrons la chronologie des évènements, les correspondances historiques entre les personnages (Racine, Molière, Corelli, Boileau, La Fontaine et bien d’autres encore étaient tous contemporains).
Durant un peu plus de 850 pages, Jean Diwo nous divertit et nous instruit, alors que demande le peuple !
De cet auteur je recommande aussi :
« Les Dames du Faubourg », 3 tomes, Folio n°1834, 2062, 2280.
« Les violons du roi », Denoël, 1990 ; Folio n°2374, Gallimard.
« Au temps ou la Joconde parlait », Flammarion, 1992 ; J’ai lu n°3443.
« Journaliste, grand reporter à Paris Match, fondateur et directeur de Télé 7 jours, Jean Diwo a abandonné la presse pour la littérature. Auteur de nombreux best-sellers dont « Les Dames du faubourg », « Les Violons du Roi », « Au temps où la Joconde parlait », « Les Dîners de Calpurnia », ou le dernier en date « Moi, Milanollo fils de Stradivarius » critiqué dans ce blog http://blogart.centerblog.net/3280715-MOI--MILANOLLO-FILS-DE-STRADIVARIUS.
Jean Diwo s'est affirmé comme un maître incontesté du roman historique. » (Evene.fr)
EXPOSITION MARIE-ANTOINETTE
Paris, Grand Palais, du 15 mars au 30 juin 2008
Ne nous y trompons pas, Marie-Antoinette est à la mode, la profusion d’essais ou de romans historiques à son sujet mais aussi le succès et la controverse du film de Sofia Coppola nous le démontre. Enfin, l’exposition du Grand Palais et la longueur de la file d’attente pour venir la visiter le prouvent une fois encore.
Ainsi, Marie-Antoinette est devenue une légende. Devenue reine très jeune, menant une vie qui aujourd’hui pourrait être qualifiée de « people » et mourant de façon tragique, la recette du personnage mythique était complète. Si l’on osait, toute proportion gardée, l’analogie avec d’autres personnages plus récents tels que Lady Di pourrait être faite.
Marie-Antoinette n’est pas une créatrice ni une artiste ou quelqu’un d’exceptionnel. Elle ne donnera pas naissance à un style comme la Pompadour ou Louis XIV, elle a du goût, assurément, mais seule sa personnalité et ce qu’il advint de sa vie engendreront le mythe. Peut-on parler de fashion victim… ? Peut-être, pourquoi pas !
Comme pour tout personnage devenu légende, il est difficile pour les non initiés de faire la part entre ce qui tient de la légende et de la réalité historique. L’exposition du Grand Palais tente de le faire et retrace le parcours de la reine de sa jeunesse à Schönbrunn jusqu’à son exécution.
Marie-Antoinette est alors montrée « de l’intérieur ». Un physique ingrat (souvent arrangé dans les portraits), ayant des goûts affirmés et très différents de ceux en vogue à Versailles. L’exposition fait ressortir la lente et inconsciente marginalisation du personnage, son éloignement progressif et fatal du peuple français, son passage en quelques années du statut de reine de France à celui « d’autrichienne ».
Les tentatives de revenir vers un peuple qui ne la comprend plus est mis en évidence à travers la peinture officielle de l’époque. Mais rien n’y fait, l’engrenage est lancé avec la fin inéluctable et tragique que l’on connait.
L’exposition se termine sur un dessin du peintre David réalisé spontanément alors que la reine passait sur la charrette pour se rendre à l’échafaud.
Une exposition remarquable et émouvante, parfaitement mise en scène, que je conseille à des personnes relativement initiées ou à visiter avec une conférencière.
Jean-Pierre LUMINET – La discorde céleste - Kepler et le trésor de Tycho Brahé
Les bâtisseurs du ciel, vol II.
LC Lattès - 501pages
Février 2008
Dans la série « Les bâtisseurs du ciel » commencée en 2006 par Jean Pierre Luminet avec son roman « Le secret de Copernic » déjà critiqué dans ce blog, l’auteur nous emmène dans son second volume sur les traces de deux astrophysiciens de génie, Tycho Brahé et Johann Kepler.
Kepler est assez bien connu, tout du moins de nom, mais il est souvent plus rare de connaitre précisément sa contribution à l’histoire des sciences sans faire pour autant de confusion avec Galilée.
La série « les bâtisseurs du ciel » et ce roman en particulier (parfaitement documenté à partir des nombreux écrits laissés sur les deux protagonistes), a pour ambition de mettre un peu d’ordre dans la culture du commun des mortels (dont fait partie votre serviteur) et de nous permettre de retenir la chronologie de ces bâtisseurs (Copernic, Brahé, Kepler, Galilée et Newton pour les « principaux ») et leurs rôles dans la compréhension de l’Univers (Systèmes : ptoléméen, copernicien ou héliocentrisme, Système de Tycho Brahé).
Jean-Pierre Luminet, romancier mais aussi astrophysicien, de par son style toujours remarquable, approche la science avec simplicité et fait apparaitre clairement des concepts complexes. Mais là n’est pas la seule qualité de ce roman. L’auteur nous fait comprendre dans « La discorde céleste » comme dans le premier volume « Le secret de Copernic » l’ampleur des bouleversements qu’annonçaient ces découvertes scientifiques, non seulement l’héliocentrisme mais aussi les notions d’infini, d’autres mondes lointains possibles, concepts que Giordano Bruno (Copernicien convaincu) paiera de sa vie sur le bucher de l’inquisition en 1600 au terme de huit années de procès.
C’est donc non seulement le génie de ces hommes que relate l’auteur mais aussi leur courage dicté par leur passion.
C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Luminet raconte les vies tumultueuses de Tycho Brahé prince richissime Danois au caractère explosif, qui mit en place une carte du ciel extrêmement riche à l’aide des instruments de mesures les plus précis du moment et dont il fut l’architecte, et de Johann Kepler né dans une misérable auberge en Forêt-Noir en 1571, génial mathématicien qui grâce à sa rencontre avec Tycho Brahé fera avancer la science en décrivant le mouvement des astres à partir des milliers de données collecté par Brahé.
Ce dernier est un collectionneur d’étoiles et de planètes unique dans l’histoire, Kepler l’interprète génial de leurs mouvements.
A l’issu de ce roman une seule obsession demeure, quelle sera alors la future contribution de Galilée dans cette aventure prodigieuse de la science.
Monsieur Luminet nous propose de le découvrir très bientôt nous l’espérons dans son troisième volume « L’œil de Galilée ».
Date de sortie : 20 Février 2008
Réalisé par Cédric Klapisch
Avec Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini
Durée : 2h 10min. 2008
Un bon film si l’on en reste au jeu des acteurs pour lequel il n’y a rien à redire. Les sentiments intimes des comédiens se mêlent et se démêlent sur des sujets graves (la vie, la mort…), un scénario bien ficelé qui, malgré sa complexité rendue par des histoires parallèles qui s’entrecroisent tout le long du film, reste parfaitement clair et compréhensible.
Un regret, Cédric Klapisch ne fait pas (ou trop peu) ressortir l’atmosphère de Paris. Il se contente de filmer la ville mais c’est insuffisant. Alors que son film « L'Auberge espagnole » faisait parfaitement ressentir l’ambiance de la ville Catalane, son film « Paris » échoue sur cet aspect.
Il n’en reste pas moins que ce film reste un moment très agréable grâce notamment à Juliette Binoche, Romain Duris et Fabrice Luchini.
Synopsis :
C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film.
Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde.
Date de sortie : 27 Février 2008
Réalisé par Dany Boon
Avec Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix
Durée : 1h 46min. 2007
D’après le nombre record d’entrées, comme presque tout le monde, je suis allé voir ce film. Cette comédie légère est une réussite notamment grâce aux jeux des acteurs Dany Boon et Kad Merad. On ne dira pas la même chose de Line Renaud dont le jeu semble forcé voire exagéré et Zoé Félix pas toujours très à l’aise dans son rôle. Michel Galabru, quant à lui, semble égal à lui-même mais a un rôle trop bref pour se prononcer.
C’est donc le tandem Boon Mérad qui fait le film. Un bon film oui mais surement pas un film culte comme beaucoup semblent le dire aujourd’hui (l’histoire nous le dira…)
Le capital sympathie que possède Dany Boon ainsi que le sujet du film expliquent probablement le nombre d’entrées, mais très objectivement la qualité du scénario ne peut être à l’origine du succès exceptionnel que remporte ce film.
Encore une fois, sympathique oui, culte surement pas.
Synopsis :
Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d'obtenir une mutation sur la Côte d'Azur. Mais il est démasqué: il sera muté à Bergues, petite ville du Nord.
Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c'est l'horreur, une région glacée, peuplée d'êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "cheutimi". Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu'il se plait dans le Nord. Elle pense même qu'il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu'en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s'enfonce dans un mensonge confortable...
Réalisé par Sean Penn
Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt
Film américain. Janvier 2008
Durée : 2h 27min. Année de production : 2007
Ce film est grand parce qu’il est beau. Beau par les sentiments, beau par les paysages, beau par la musique, beau par les idées qu’il véhicule, beau par l’intelligence du montage, beau par la beauté des acteurs.
Sean Penn signe là un film d’anthologie. En se basant sur une histoire vraie, le réalisateur met en images le drame de la jeunesse (adolescence ou jeunesse tout simplement). Il met en évidence la fragilité psychologique des jeunes et nous rappelle la vigilance de tout instant que nous devons avoir avec ces esprits en formation, d’une beauté brute, taillés à la serpe, bourrés d’intelligence mais sans concession, sans le recul pour le pardon.
Mais Sean Penn va plus loin en dénonçant la société capitaliste, dont, pour celui qui en doute encore, les Etats Unis font partie. Il critique l’attachement aux valeurs matérielles, le mépris de l’autre, l’individualisme, l’hypocrisie des relations humaines.
Il souligne la misère matérielle présente dans nos villes et absente comme par miracle en pleine nature.
Sean Penn nous offre un hymne à la nature doublé d’un hymne à la jeunesse.
Un drame qui nous lave et nous laisse pensif.
Probablement, pour certains, un film déjà culte.
L’histoire :
Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Votre avis nous intéresse.
Selon leurs pertinences, vos commentaires sont susceptibles d’être publiés à la suite de cet article (nous nous réservons le droit de les publier ou pas).
LE MEDECIN MALGRE LUI - Molière
Théâtre "La Mare au Diable" 4, rue Pasteur 91120 PALAISEAU
Les 1er, 2, 15, 16, 22 et 23 février à 20h30
Le 17 février à 16h
Pourquoi faut-il y aller ?
Pour la pièce, évidemment, tant celle-ci est un chef d’œuvre indiscutable de par sa drôlerie et sa modernité. Mais ceci n’a rien d’original.
L’originalité vient du théâtre lui-même et de l’atmosphère de cette petite salle.
Ici Molière est désacralisé, il revient aux sources, à ce qu’il devait être lors des tournées de la troupe. Car, faut-il encore le préciser, la proximité entre les acteurs et le public, est un facteur majeur de la réussite du spectacle vivant.
C’est le cas dans ce théâtre, on ne regarde pas la pièce de Molière, on y participe. Aucune tricherie possible, la proximité des acteurs permet de capter la texture des voix, les modulations des intonations indispensables à la finesse de l’humour. Les « mimiques » des acteurs, leur jeu en fin de compte.
Cette complicité entre l’acteur et son public est, en théorie, un avantage considérable. Mais le revers de la médaille existe là aussi, si l’acteur est mauvais, l’alchimie n’opère pas et c’est la catastrophe. Si, par la proximité, les qualités des acteurs sont amplifiées, les défauts apparaissent de plus bel.
La mise en scène de cette pièce dans ce petit théâtre était donc un tour de force qu’il fallait relever et c’est chose faite.
Pour ce faire il fallait des acteurs au jeu simple, et naturel, incarnant leur rôle au plus profond d’eux même. Une troupe sur mesure a donc été constituée avec pour ma part deux acteurs d’excellence, Henri Guybet dans le rôle de Sganarelle (mais, étant donné sa carrière, n’a aujourd’hui plus rien a prouver) et le jeune et talentueux Stéphane Rugraff dans le rôle de Léandre qui par la modernité et le naturel de son jeu nous donne un cours de théâtre dont Jouvet pourrait être fier.
Une soirée inoubliable, dépêchez-vous d’y aller c’est bientôt fini !
Et vous, qu’en pensez-vous ? Votre avis nous intéresse.
Selon leurs pertinences, vos commentaires sont susceptibles d’être publiés à la suite de cet article (nous nous réservons le droit de les publier ou pas).